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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
LEBI-DIAMANT Eugène
 
Archives de la famille

est né le 20 avril 1901 à Negresti (Roumanie). Son père Adalbert et sa mère  Lotti née ABRAHAM sont de nationalité hongroise.

Il est domicilié 22, rue de la Goutte d'Or à Aubervilliers (93) quand il épouse Sarah MAGNISZEWER le 28 janvier 1933 en cette même ville. Ils ont 2 enfants, Lucienne et Jacques.

Monteur en chauffage il est domicilié 33, rue d'Alsace à Vichy (03) depuis octobre 1938.

Photo: Archives de la famille.

 
Les parents  se font recenser à Vichy comme Juifs étrangers conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français...


... alors que les enfants sont recensés comme Juifs français.

 Source des deux documents ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Il est domicilié en dernier lieu 32, rue de Soissons à Vichy.
 
Il est arrêté par la Gestapo le 15 avril 1944 dans la rue à Vichy. Selon une enquête de la police de Vichy en date du 11 décembre 1950, "M.LÉBI-DIAMANT a été arrêté par la Gestapo le 15 avril 1944 dans les circonstances suivantes:
Le 7 avril 1944 vers 17 heures, deux fonctionnaires de la police allemande se sont présentés à son domicile, demandant s'il était présent. Après une réponse négative, ils ont alors interpellé son beau-frère, M.CÉALAC Jacques qui arrivait la veille de Montélimar, lui ont demandé ses papiers et l'ont emmené au siège de la délégation de la Police Allemande. Par la suite M.CÉALAC a été déporté dans un camp de concentration allemand où il est décédé.

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

M.LÉBI-DIAMANT qui était absent de Vichy ce jour a été prévenu dès son arrivée de ce qui venait de se passer et celui-ci, sans rentrer à son domicile, s'est caché, tout d'abord chez une amie, Mme Vve ROT, et ensuite dans un hôtel meublé Place d'Allier. Quelques jours plus tard, alors qu'il se rendait chez une personne qui devait lui procurer de faux papiers d'identité, il a été reconnu en ville par les policiers allemands chargés de son arrestation. Interpellé par ceux-ci, il a été aussitôt conduit Bd des Etats-Unis au siège de la Gestapo, ensuite transféré à Drancy d'où il aurait été déporté au camp de Kaunas (Lithuanie) le 15 mai 1944". 

Il est transféré le 21 avril 1944 à Drancy où il reçoit le matricule N° 20244.

Le 15 mai 1944 il est déporté de Drancy à Kaunas (Lituanie) ou à Reval (Estonie) par le convoi N° 73.

Source du document ci-dessus: Mémorial de la Shoah C73_19.

Concernant le convoi N° 73 en date du 15 mai 1944, Serge Klarsfeld écrit:

« Parmi ces 878 hommes, seulement 12 âgés de 12 à 17 ans. Les autres sont dans la force de l'âge. L'année 1944 est avare de documents en ce qui concerne la section antijuive de la Gestapo; mais cette présence exclusive d'hommes laisse à penser qu'il s'agit peut-être d'un convoi de représailles, comme celui du 4 mars et celui du 6 mars 1943.

Selon les dépositions des rescapés recueillies au Ministère des Anciens Combattants, il est évident qu'une partie du convoi est allée à Kaunas (Kovno) en Lituanie, tandis qu'une autre partie allait à Reval en Estonie».
Source: Mémorial de la Déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld.



Eve-Line BLUM-CHERCHEVSKY émet une autre hypothèse: ces hommes valides sont envoyés à Kaunas (Lituanie) ou à Reval (Estonie) pour effacer les traces des massacres précédents. Ils sont eux-mêmes exécutés à leur tour pour préserver le secret.

Les circonstances de l'arrestation d' Eugène LÉBI-DIAMANT démontrent qu'il ne s'agit pas d'une rafle ordinaire. En effet seul Eugène est arrêté. S'il s'était agi de la  rafle habituelle, les nazis et leurs complices français auraient également arrêté son épouse Sarah et leurs deux enfants. Seuls les hommes valides étaient ciblés.

Source du document ci-contre: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.



 
Il décède le 20 mai 1944 à Kaunas (Lituanie) ou Reval (Estonie) selon le JO N° 34 du 10 février 1994.
 
La carte de Déporté Politique N° 1.111.32730  est attribuée à titre posthume  sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 14 février 1968 à son ayant cause, son épouse Sarah.

DIAC Clermont-Ferrand

Source: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 9 décembre 1993 paru au Journal Officiel N°34 du 10 février 1994.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W (778 W 15.4), 996 W 194.01, 1799 W 2886-02/204, 996 W 778 W 112,

- Blum-Cherchevsky Eve Line «Nous sommes 900 Français» vol. III page 516

- Blum-Cherchevsky Eve-Line Pourquoi les Pays Baltes? Besançon octobre 2011

- Centre de Documentation Juive Contemporaine C73_19

- Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand

- Etat civil d' Aubervilliers (93) et de Vichy (03)

- Klarsfeld Serge Liste des transferts à Drancy et Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

- MemorialGenWeb  site Internet
 
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