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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 
HERBSTMANN Henri


Nous sommes à la recherche d'une copie de sa carte de Déporté ainsi que de celles de la famille. Ecrire à [email protected]
 
 
yadvashem.org

Est né le 17 mars 1911 à Karlsruhe (Allemagne), mais est d'origine polonaise. Il est le fils de Leib et de Feiga Sara née ZINS.

Source des photos: yadvashem.org . Photo de droite Henri et son fils Maurice.

Il entre en France en 1933 venant de Francfort et réside à Strasbourg (67) au N° 17, rue de la Corse.

Il épouse Frida née SUSSMANN et ils ont deux fils, Maurice né à Strasbourg et Léon né à Vichy. En septembre 1939 il quitte Strasbourg avec sa famille pour se réfugier à Vichy (03). Ils sont domiciliés 17, rue d'Alsace.

Selon le Sous-Préfet de Vichy, " A la déclaration de la guerre, cet étranger a formulé une demande d'engagement au Centre de Recrutement des Etrangers de Moulins le 29 septembre 1939. A la suite de la visite médicale, il a été déclaré apte, mais n'a jamais été appelé. Il ne possède pas de livret militaire".

Henri et Frida HERBSTMANN sont naturalisés Français par décret du 4 juin 1940 paru au Journal Officiel de la République Française N° 146 du 9 juin 1940 page 4393.
 
 
Source du document ci-dessus: Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica.

Il est dessinateur graveur sur métaux et tient un magasin au N° 5 , rue Pasteur à Vichy. Il est inscrit au Registre des Métiers de Cusset sous le N° 3005.

Ils se font recenser à Vichy en tant que Juifs français conformément à la loi antisémite du 2 juin 1941 de l'Etat Français.

 Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Henri et Frida sont fichés en 1943 par l'Etat Français en tant que Juifs français (Fiches oranges).

                                                         Source des documents ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 996 W 778 W 112.

Tous les membres de sa famille sont  arrêtés le 30 mars 1944 par la police allemande de Vichy et  sont internés à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins (03) jusqu'au 7 avril, date à laquelle ils sont transférés à Drancy:
 
son épouse Frida

ses fils Maurice et Léon.

sa belle-mère Anna née SCHNEID

ses beaux-frères Jacques  et Zoltan.


Henri HERBSTMANN échappe à l'arrestation. Selon le Sous-Préfet de Vichy dans son courrier au Préfet de l'Allier en date du 5 juillet 1944, " Inquiété par les Services de Police Allemande en raison de sa confession, l'intéressé a quitté précipitamment Vichy le 1er avril 1944 pour une destination inconnue".

Le 15 mai 1944 le Secrétaire Général au Maintien de l'Ordre ressort un vieux dossier daté du 13 décembre 1941 et écrit au Préfet de l'Allier pour demander la révision de la naturalisation d'Henri HERBSTMANN (Dossier N° 6611).

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier Police des Etrangers Révision des naturalisations.

Dans sa lettre au Préfet de l'Allier en date du 5 juillet 1944, le Sous-Préfet de Vichy écrit à propos d'Henri HERBSTMANN: " Pendant son séjour dans l'Allier, sa conduite et sa moralité n'ont jamais donné lieu à aucune remarque défavorable de la part des services de Police. On ne lui connaît aucune activité politique et son loyalisme à l'égard de nos institutions nationales ne semble pas devoir être mis en doute.
(...)
En  ce qui me concerne, j'estime qu'il n'y a pas lieu de lui appliquer les dispositions de l'article 3 de la loi du 22 juillet 1940".

Article 3 de la loi du 22 juillet 1940

« Art. 3. – Le  retrait de la nationalité française sera, s’il y a lieu, prononcé par décret pris sur le rapport du Garde des Sceaux, ministre Secrétaire d’Etat à la justice, et après avis de cette commission.

« Ce décret fixera la date à laquelle remontera la perte de la qualité de Français.

« Cette mesure pourra être étendue à la femme et aux enfants de l’intéressé ».

Henri HERBSTMANN est arrêté par la Police Allemande de Vichy à une date et dans un lieu non connus et est transféré  le 15 juillet 1944 à Drancy.

Il est déporté le 31 juillet 1944 de Drancy à Auschwitz par le convoi N° 77.

Source du document ci-contre: Mémorial de la Shoah.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 77: " Le nombre des déportés était de 1300. Ce convoi 77 (...) entraîne vers les chambres à gaz d'Auschwitz plus de 300 enfants de moins de 18 ans. (...) 291 hommes furent sélectionnés avec les matricules B 3673 à B 3963; de même pour 283 femmes (A 16457 à A 16739). Il y avait en 1945 209 survivants dont 141 femmes".
Source du document ci-dessus: Mémorial de la Shoah C77_26.

Il décède le 30 août 1944 à Auschwitz selon l'état civil de Vichy et le JO N° 216 du 17 septembre 1993.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 2 août 1993 paru au Journal Officiel N°216 du 17 septembre 1993.

 
 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 996 W 194.01, 996 W 778 W 112, 996 W  Police des Etrangers Révision des naturalisations,

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 908 W 168

- Archives Nationales Allemandes (BundesArchiv)

- Bibliothèque Nationale de France sur site Internet Gallica.

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

 - Etat civil de Vichy (03)

- Klarsfeld Serge Liste des transferts à Drancy

Klarsfeld Serge  Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978

- MemorialGenWeb site Internet

- yadvashem.org
 
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