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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

DOUARRE Jean-Marie Auguste


Auguste DOUARRE

est né le 30 octobre 1883 au domicile de ses parents au lieu-dit Massoux à Fournols (63). Son père André et sa mère Jeanne née PETIT sont cultivateurs.

L'instituteur

Il obtient le Brevet Elémentaire le 4 juillet 1900 au Puy-en-Velay (43) et le Certificat d'Aptitude Pédagogique en 1907 à Mâcon (71) et devient titulaire-adjoint le 1er janvier 1908.

Le 2 avril 1910, il épouse une institutrice, Marie MOROT à Saint-Pantaléon (71) et ils ont trois enfants, Camille, André et Suzanne.



Il enseigne dans la banlieue d'Autun (71), d'abord à Monthelon de 1910 à 1921, puis à Curgy de 1921 jusqu'au 1er octobre 1937.

                                     Photo transmise par Monsieur Louis Moulin, ancien élève de Monsieur Douarre; Remerciements.
 
 

Admis à la retraite par arrêté ministériel du 29 juin 1937, Auguste  quitte Curgy en 1938 et vient s'installer avec son épouse sur les hauteurs de Puy-Besseau à Cusset (03).

En 1939 l'instituteur et secrétaire de mairie titulaire, Monsieur Pierre BARATHON, étant mobilisé, Auguste DOUARRE est nommé instituteur par l'Inspecteur d'Académie et, par arrêté du Maire d'Hauterive, secrétaire à titre provisoire à compter du 1er septembre 1939.



«Nomination à titre provisoire d'un secrétaire
de mairie
         Nous, Maire de la commune d'Hauterive
         Attendu qu'il y a lieu de pourvoir au remplace-
ment de M. Barathon Pierre, instituteur et secrétaire
de mairie mobilisé
       Vu la loi du 5 avril 1884 article 88
                          Arrêtons -
Article unique: M.Douarre Auguste, Directeur
d'école, en retraite à Cusset, est nommé, à titre provisoire,
secrétaire de la Mairie d'Hauterive à la date
du 1er septembre 1939
                   Hauterive, le 1er septembre 1939 »
                   Le Maire
Source: Archives Municipales d'Hauterive.

 
 

Un résistant «isolé»

Auguste DOUARRE n'appartient à aucun mouvement de résistance, mais, selon un rapport de police il «aurait appartenu à la Ligue des Droits de l'Homme». C'est donc un homme engagé qui a des principes, des principes humanistes et républicains.

Il occupe les fonctions de secrétaire de mairie jusqu'au 22 février 1944, date à laquelle il est arrêté à la mairie de Hauterive par la Gestapo de Vichy

- pour avoir délivré des fausses cartes d'identité à des Alsaciens qui travaillent au GCR d'Hauterive, Oscar HOSCH et Joseph SINGER. L'Alsace - et la Moselle- ayant été annexée en 1940, les hommes étaient soumis à la conscription pour le IIIème Reich.

- pour avoir délivré des cartes d'alimentation à des réfractaires au STO.

Il est transféré à Vichy pour interrogatoire, puis à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins, d'où il part en avril pour Compiègne-Royallieu, l'antichambre de la déportation.

La déportation

Le 12 mai 1944 il est déporté de Compiègne à Buchenwald par le convoi référencé I.211 dans le livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Selon le mémorial, «Avec 2073 déportés, c'est quantitativement le plus important parti de France vers ce camp de concentration».

A l'arrivée à Buchenwald le 14 mai, les déportés sont rasés, habillés de la tenue rayée et immatriculés. Auguste DOUARRE reçoit le matricule N° 51540. Puis ils sont envoyés au Petit Camp en quarantaine.


Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 5776078.

Auguste DOUARRE est transféré à Dora-Mittelbau où les Nazis font creuser et aménager par les déportés des tunnels pour protéger l'usine souterraine où sont fabriqués les V1 et V2.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherches d'Arolsen 5776081.

Dora: Ce camp dépend à l'origine du KL Buchenwald qui n'est situé qu'à environ 80 km. Il a été créé en septembre 1943 pour accueillir dans ses tunnels l'usine de Peenemünde bombardée par la RAF le 17 août 1943. Les déportés travaillent en deux équipes de douze heures. Ils creusent des galeries dans des conditions inhumaines. Ils restent six mois sans voir le jour et couchent à même le sol. La mortalité est très élevée. Dora devient autonome en octobre 1944.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Puis le 6 juin au kommando de Wieda à la Baubrigade III (1). Les détenus construisent une voie ferrée dans la vallée de la rivière Helme. Puis retour à Dora.

(1): une baubrigade est une espèce de kommando mobile affecté à un travail particulier.

L'évacuation

Le jeudi 5 avril 1945 face à l'avance des armées alliées ils sont évacués de Dora en wagons découverts sans vivres ni eau. Des arrêts, car la voie ferrée a sauté ou pour débarquer des cadavres. Des trajets à pied où ceux qui ne peuvent pas suivre sont abattus. Des attaques aériennes.




Le «dernier convoi» de Dora à Ravensbrück. Source: Histoire du camp de Dora par André Sellier Editions La Découverte 1998

 
 
Le samedi 14 avril à 13 h 30 ils arrivent à Ravensbrück où trois wagons de cadavres sont débarqués.

Il décède le 25 avril 1945 à Ravensbrück selon l'état civil de Fournols.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 190429), il est homologué en tant que Résistant au titre de la R.I.F. (Résistance Intérieure Française) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1.016.27152 lui est attribuée à titre posthume sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 14 septembre 1955.

Hommages posthumes


Plaque à la mairie d'Hauterive

Ci-dessus à gauche carte de Déporté Résistant. Source: Direction Interdépartementale des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand.

Ci-dessus à droite plaque apposée sur l'école de Curgy. Source: mairie de Curgy (71).

Ci-contre  plaque à la mairie d'Hauterive. Photo: AFMD de l'Allier.
 
 

"Mort en déportation"
suivant l'arrêté du Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants en date du 2 décembre 1988 paru au Journal Officiel du 21 janvier 1989.



 
 
Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 1864 W 1,1580 W 7, 630 W 3,

- Archives Municipales de Curgy (71)

- Archives Municipales d'Hauterive (03)

- Directions Interdépartementales des Anciens Combattants de Clermont-Ferrand et de Dijon

- Etat civil de Fournols (63)

- Inspection Académique de Saône-et-Loire

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial de l'Alliance 

- Mémorial Buchenwald Dora Kommandos  Association Française Buchenwald Dora et Kommandos

- Moulin Louis-André Itinéraire d'un Morvandiau Imprimerie Némont 1994

- Sellier André Histoire du camp de Dora Editions La Découverte 1998

- Lieutenant-colonel Woussen N° 30060 à Buchenwald Compte rendu résumant le transport du camp de Dora le 5 avril 1945 vers le camp de Ravensbrück le 14 avril 1945. Document transmis par Eugène Laurent Buhenwald N° 14537

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 190429)

- Service International de Recherches d'Arolsen 5776078, 5776081,

 
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