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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

PETIT Roger Emile Louis

est né le 20 août 1918  route de Villard à Champigny-sur-Marne (94). Son père Albert est couvreur  et sa mère Anna née DUDEFFANT est couturière. Ils sont domiciliés au N° 23, Boulevard du Centre.

Incorporé le 1er septembre 1939, il est affecté au 23ème Régiment d'Infanterie de Forteresse. Sergent de réserve à compter du 1er mai 1940, il est fait fait prisonnier le 1er juillet 1940 à Birlenbach (67) et est envoyé au Stalag V B à Villingen dans le Bade-Wurtemberg sous le N° 14399.

Source de la photo ci-contre: Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains.


Il s’évade le 22 mars 1942 et passe par la  Suisse pour rejoindre la Zone Libre en France où il est démobilisé à Annecy (74) le 20 avril 1942.

Il est employé de bureau à l’Air Liquide  et est domicilié 59, rue de la République à Montluçon (03).

Il fait partie à compter du 1er septembre 1942 du mouvement "Combat" et du réseau "Mithridate" comme agent P2 avec le grade de sous-lieutenant.

Source de la photo ci-contre: Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1296 W 123.

Réseau "Mithridate": ce réseau créé par Jean HERBINGER alias Colonel Bressac est  l'un des grands réseaux de renseignement militaire rattaché au B.C.R.A. ( Bureau Central de Renseignement et d'Action) à Londres. Ce réseau est mal connu en dépit de sa précocité et de son extension ( 1641 agents homologués et deux sous-réseaux "Alouette" dans la région de Bordeaux et "Simon" en France du Nord et Belgique).
Source: Dictionnaire Historique de la Résistance sous la direction de François Marcot Editions Robert Laffont 2006.


Il fait partie du groupe de résistants responsables du plasticage de l’Office de Placement Allemand à Montluçon (03) et est arrêté sur dénonciation  le 17 septembre à Montluçon pour "menées antinationales".  Il reconnaît avoir servi de "boîte aux lettres" "pour la section de Montluçon de ""Combat"". Il avoue également avoir été chargé de retirer en gare des valises contenant des tracts qu'il a remis à des distributeurs chargés de la diffusion. Il avoue en avoir pour son propre compte distribué en ville. Il reconnaît enfin qu'il servait d'intermédiaire entre le chef de la section locale et des messagers appartenant au groupement venant de l'extérieur" selon l'Inspecteur de Police Judiciaire chargé de l'enquête. Par groupement venant de l'extérieur, il s'agit probablement du mouvement "Combat" et/ou du réseau "Mithridate" auxquels étaient affiliés Alphonse KIENZLER et Roger SCHAEFFER.

Il est transféré à Clermont-Ferrand (63), puis à la prison Saint-Paul à Lyon dans l’attente de son jugement. Il est condamné le 23 septembre 1943 par la Section Spéciale du Tribunal de cette ville  à 8 ans de Travaux Forcés pour 

1) complicité de « destruction d’objets mobiliers ou immobiliers commise à l’aide d’explosifs par Kientzler à l’Office de Placement Allemand, ci-dessus spécifiée, dans les faits qui l’ont préparée ou facilitée »

2) avoir «  à Clermont-Ferrand, Montluçon, Lyon et autres lieux  diffusé publiquement des écrits et des imprimés, placards et affiches qui sans présenter le caractère d’une information étaient néanmoins de nature à favoriser les entreprises d’une puissance étrangère contre la France, ou à exercer une influence fâcheuse sur l’esprit de l’Armée ou des populations ».

3) avoir «  à Clermont-Ferrand, Montluçon et autres lieux dans le courant de l’année 1942, détenu sans autorisation  et sans motifs légitimes, des armes et leurs munitions et des explosifs ».

Le 15 octobre 1943 il est transféré à la Centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) où son nom figure sous le N° 578 sur le registre d’écrou.


             Source du document ci-dessus: Archives Départementales du Lot-et-Garonne Registre d'écrou de la Centrale d'Eysses.


Du 19 au 23 février 1944 il participe à l'insurrection de la Centrale. Celle-ci échoue de peu. Devant la menace d'un bombardement par les troupes allemandes appelées en renfort les insurgés se rendent. 12 prisonniers sont fusillés.

Le 30 mai plus de 1100 détenus sont "remis aux autorités allemandes". En clair, ils sont livrés aux nazis.
 
Cette unique photo des emprisonnés d'Eysses en colonne par cinq, les mains sur la tête, au moment où ils quittaient la Centrale aux mains des S.S., le 30 mai 1944 pour la gare de Penne-d'Agenais (Lot-et-Garonne) où ils allaient être embarqués vers Compiègne, a été prise par un garde mobile d'une fenêtre dominant la cour d'honneur.

Source de la photo: L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Amicale des Anciens d'Eysses Editions Sociales 1974.



Le 18 juin 1944 il fait partie des 2139 hommes déportés de Compiègne à Dachau où il arrive le 20 juin dans le convoi N° I.229. Il reçoit le matricule N° 73868 et est affecté après la quarantaine au Kommando d’Allach. Il déclare exercer la profession d'opticien.

Source du document ci-contre: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.6.7/10724601.



Allach: Kommando du KL Dachau. Ce très important Kommando situé près de Dachau est créé le 17 mai 1944. Il fait travailler les détenus à différents projets et productions: d'abord pour une manufacture de porcelaine, ensuite pour la firme BMW, enfin pour différents chantiers de l'organisation Todt. Il compte jusqu'à 3850 détenus. 
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il y est libéré le 30 avril 1945 par l'armée américaine et est rapatrié le 29 mai 1945.

Selon le Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 471919), il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance).

La carte de Déporté Résistant N° 1.001.35797 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 23 novembre 1966.

Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595W_50.


Le 10 juin 1948 il épouse Christiane DEBAT à Paris (14ème).

Il décède le 30 mars 1984 à Paris (14ème).

Suivant l'article 1er de l'arrêté du Ministère de la Défense en date du 20 avril 1990, le "Bataillon F.F.I. de la Centrale d'Eysses" est assimilé à une unité combattante pour la période du 9 décembre 1943 au 31 mai 1944.


Sources:

- Amicale des Anciens d'Eysses L'insurrection d'Eysses 19/23 février 1944 Une prison dans la Résistance Editions Sociales 1974

- Archives Départementales du Lot-et-Garonne Registre d’écrou de la Centrale d’Eysses N° 517

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1296 W 123

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 2

- Archives de Paris D4R1 3662, 3595W_50,

- Bulletin Officiel des Armées Arrêté du 20 avril 1990

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen

- Etat civil de Champigny-sur-Marne (94)

- Mémorial annuaire des Français de Dachau  Amicale des Anciens de Dachau 1987

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 471919)

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.6.2/10239464, 1.1.6.7./10724601, 2.3.3.1/10724601,

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