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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

GIROND Gabriel Antoine

Nous sommes à la recherche d'une photo et d'une copie de sa carte de déporté. [email protected]

est né le 26 mars 1909 à l'Hôpital de Saint-Etienne (42). Son père Joseph est tourneur sur métaux et sa mère Marie née BONNET est blanchisseuse.

Surnommé «Zoulou» il exerce le métier de tourneur sur métaux et est domicilié 1,Place Carnot à Saint-Etienne.

Incorporé le 24 avril 1930 il est affecté au 10ème Bataillon de Chasseurs à Pied. Il est rayé des contrôles le 15 avril 1931.

Le 7 décembre 1931 il épouse Augustine GUINAMENT à Saint-Etienne.

Rappelé le 2 septembre 1939 il est affecté au Dépôt d'Infanterie N° 142 et démobilisé le 26 juillet 1940 par le Centre de Lyon.

Gabriel GIROND et Eva SIMON  font l'objet d'un avis de recherche sous forme de télégramme et de message téléphoné en date du 4 avril 1943 lancé par la Police de Sûreté de Vichy et de Lyon, car ils sont "susceptibles avoir participé attentats commis 15 mars 1943 à St-Etienne". Suit son signalement: "1m64, corpulence assez forte,cheveux châtains foncés, vêtu pardessus bleu marine avec ceinture, veston et pantalon bleu marine genre matelot, coiffé casquette placée légèrement sur le côté, pardessus avec ceinture de couleur bleu marine ".

Selon le même message, "ces deux individus qui sont les auteurs d'attentats de Saint-Etienne, sont également les auteurs présumés de l'assassinat de l'inspecteur de police commis le 27 mars". Cette dernière accusation ne sera pas reprise  par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon pourtant peu encline à l'indulgence vis-à-vis des résistants.


Il fait partie d'un groupe de résistants FTPF (Francs-Tireurs et Partisans Français) communistes en compagnie de 2 hommes, Pierre ABT et Joseph FONSALAS, et d'une femme, Eva SIMON, tous domiciliés à Saint-Etienne (42).

Ils forment le projet d'une attaque contre une patrouille allemande stationnée à la Caserne Richemond à Montluçon. Pour ce faire, ils arrivent séparément et logent à l'Hôtel Celtic à Montluçon, puis ils vont habiter dans une maison du Quartier Villars à Domérat (03).

Le 13 avril 1943, intrigué par «des allées et venues étranges» de ces quatre personnes, un adjudant de gendarmerie domicilié au Quartier Villars alerte un collègue qui arrête 3 des 4 suspects, Joseph FONSALAS réussissant à s'enfuir. Gabriel GIROND est arrêté sous une fausse identité: GESLIN Paul Marius ouvrier agricole né le 28 avril 1906 à Valence (26).Sont découverts dans des valises: des tracts communistes, une mitraillette, 5 pistolets, des cartouches, 8 engins incendiaires, un nécessaire de pharmacie, 3 indicateurs de chemin de fer, du matériel pour fabrication de cachets (5 plaques de laiton, un burin à graver, etc.) et "un bloc-note sur lequel était dessiné au crayon un plan d'attaque à l'embuscade".

Arrêté «en flagrant délit de menées communistes, terroristes et antinationales- Détention d'armes à feu, d'armes de guerre, de munitions et d'explosifs» il est accusé d' «attentat contre la sûreté de l'Etat».

Le 28 mars 1944 Gabriel GIROND est condamné par la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon à «2 ans de prison et 1200 francs d'amende, décimes compris» pour avoir

«exercé une activité ayant directement ou indirectement pour objet de propager les mots d'ordre de la IIIème Internationale Communiste et détenu en vue de la distribution ou distribué des tracts d'inspiration communiste»,

«sciemment recelé tout ou partie des titres d'alimentation frauduleusement soustraits par Fonsalas et Abt au préjudice de la mairie d'Huriel»,

«sciemment fait usage d'une carte d'identité falsifiée ou contrefaite».

Le 21 mai 1944 il fait partie des 2004 hommes déportés de Compiègne à Neuengamme où il arrive le 24 dans le convoi N° I.214. Son numéro de matricule n'est pas connu.

Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.30.1 / 3421335. 

Neuengamme (1938-1945): Ce KL se situe à 25 km au sud-est de Hambourg dans une région marécageuse et plate bordant l'Elbe sur la rive droite.
Au total on estime à 106000 le nombre d'hommes et de femmes qui ont subi la déportation à Neuengamme et dans ses Kommandos de travail.
Si le camp central a conservé une part des détenus dans ses Kommandos intérieurs, la plupart des déportés ont connu un ou plusieurs Kommandos de travail extérieurs, parfois très éloignés du camp central.
A partir de mars 1945, quand l'avance des Alliés a contraint la S.S. à évacuer les camps et à décider de faire disparaître les preuves de ses innombrables forfaits, ces évacuations ont atteint des sommets d'horreur et de barbarie.
Quand Neuengamme est libéré le 4 mai 1945, le camp est vide.
Source: Mémorial des Français Déportés à Neuengamme.


Il décède à Neuengamme le 26 mai 1944 selon l'état civil de Saint-Etienne et le JO N° 216 du 17 septembre 1993.

 «Mort pour la France»

Note: Le jugement de la Section Spéciale de la Cour d'Appel de Lyon du 28 mars 1944 est annulé le 6 juillet 1945 par arrêt de la Chambre de Révision près la Cour d'Appel de Lyon.

"Mort en déportation" suivant l'arrêté du Ministère des Anciens Combattants en date du 2 août 1993 paru au Journal Officiel N°216 du 17 septembre 1993.

Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 778 W 7.4, Police Politique Opposition au Régime de Vichy Communisme répression 1940 1944

- Archives Départementales de la Loire 1 R 1929.349 transmis par l'association AGLoire

- Archives Départementales du Puy-de-Dôme 1296 W 1584 transmis par l'ODACVG 63 et 03

- Archives Départementales du Rhône 1035 W 31

- Etat civil de Saint-Etienne (42)

- Forissier Nathalie  La Déportation dans la Loire  1940-1944 Publications de l’Université de Saint-Etienne 2005

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Mémorial des Français Déportés à Neuengamme Amicale de Neuengamme

- MémorialGenWeb Site Internet

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.30.1 / 3421335
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