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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
HUGUET Marcel


est né le 25 septembre 1924 à Cantillac (24). Son père Jean et sa mère Johanna née LABAURIE sont cultivateurs aux Bouriaux commune de Cantillac.

Il exerce le métier de de mécanicien  et est domicilié chez ses parents au N° 52, rue de Tolbiac à Paris (13ème).

Source de la photo: Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains  21 P 573 676.




 

Suite à ce qu’il appelle lui-même « une grave faute de jeunesse », il est condamné pour vol en compagnie de deux camarades à 2 ans de prison par le Tribunal Correctionnel de Pontoise. Selon son témoignage, il désirait « disposer d’une certaine somme pour gagner l’étranger ». La peine de 2 ans  est ramenée à 18 mois par la Cour d’Appel de Paris et interné le 24 août 1943 à la Maison centrale de Clairvaux. Compte tenu d’une réduction, il devait être libéré le 27 septembre 1944, mais il s’évade le 4 juin 1944 du camp de Saint-Dizier où il travaille sur un chantier et retourne chez ses parents à Paris.

Ayant pris le train à destination de Port-Vendres (66), il est arrêté le 11 juin 1944 à en gare de Moulins (03) sous un nom d’emprunt : Jean GUÉRIN né le 25 septembre 1922 à Toulon (Var). Il est interné à la Mal-Coiffée, prison militaire allemande à Moulins.

 En août 1944 depuis plusieurs semaines déjà  les troupes allemandes se replient et vident les prisons qui se trouvent sur leur passage pour transférer les détenus dans les camps de concentration. Cela présente un double avantage pour les nazis : les détenus ne peuvent rejoindre les rangs de la Résistance et ils alimentent les camps en main-d’œuvre concentrationnaire.

Selon son témoignage confirmé par un codétenu , Georges JABEAUDON, il serait à l’origine des négociations avec les gardiens allemands pour la libération échelonnée de plus de 300 personnes internées à la Mal-Coiffée. "Vers le 20 août, nous apprîmes par l'extérieur (c'est-à-dire par des gens de Moulins) qu'il n'y avait presque plus de gardiens autour de la prison, une lueur d'espoir de pouvoir sortir nous incita à braver nos oppresseurs. A la chambre 16 de la Mal-Coiffée, s'organisa la rébellion, c'est notre camarade Huguet Marcel, un parisien patriote de 22 ans qui activa la libération de plus de 300 détenus. Par son sang-froid et son énergie, il demanda à l'adjudant-chef de la prison la libération totale et immédiate de tous les détenus. (...) La libération s'échelonna sur 3 jours et le 23 août les portes de la Mal-Coiffée se refermèrent sur 64 détenus, hommes et femmes et même un enfant de 7 ans". 

Marcel HUGUET  et Georges JABEAUDON font partie des 66 derniers prisonniers extraits de la Mal-Coiffée le 25 août 1944 et transférés à Belfort où ils sont internés à la Caserne Friedrich.

Ils repartent le 5 septembre vers Buchenwald où il arrive le 10 septembre au matin. Deux semaines pour aller de Moulins à Buchenwald en raison des arrêts, voies bombardées, etc...

Marcel HUGUET alias  Jean GUÉRIN reçoit le matricule N° 85201 et, après la quarantaine passée aux Blocks 63,14 et 19, il est transféré au Kommando de Jena.


Jena: Kommando du KL Buchenwald. Deux Kommandos existent dans cette ville située à 25 km à l'est de Weimar. Les détenus travaillent notamment à la réparation de locomotives et de voies ferrées. Ils sont près de 1000 en janvier 1945.
Source: Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Selon son témoignage il y reste jusqu’en février 1945 avant d’être transféré au Kommando de Colditz-Hasag.


Colditz-Hasag : Kommando du KL Buchenwald . Dans ce Kommando, situé à 50 km au sud-est de Leipzig, ouvert en novembre 1944 et évacué le 11 avril 1945, les détenus travaillent pour la firme Hasag à la finition des Panzerfaust (armes antichar). Certains sont utilisés à la sablière située près du camp .300 détenus s’y trouvent eu 31 janvier 1945. Le Kommando est évacué sur Flössenbürg.
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il n’y reste que 8 jours avant d’être envoyé au Kommando de Leitmeritz.


Leitmeritz : Kommando du KL Flossenbürg.  Cet important Kommando, qui a compté jusqu’à 5000 détenus en 1945, est lié à l’usine Elsabe et aux constructions « Richard ».
Source : Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

Il  y est libéré et est rapatrié le 14 mai 1945.

 

La carte de Déporté Politique N° 1.101.21956 lui est attribuée sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre en date du 17 octobre 1956.

 


Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 126.

Le 22 juillet 1950 il épouse Raymonde HAMONEAU à Paris (13ème), mariage dissous le 26 juin 1975.


Il décède le 29 septembre 1985 à Ainay-le-Château (03).


Sources:

- Archives de Paris 3595 W 126

- Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains 21 P 573 676

- Etat-civil de Cantillac (24)

- Jabeaudon Georges  Dans les camps de la mort Buchenwald-Zwieberge Imprimerie du Centre Montluçon septembre 1945

- Livre mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation Editions Tirésias 2004

- Registre matriculaire des 85000 transmis par l'Amicale de Langenstein


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