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Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l'Allier
 

KLAHR Simon déporté sous le nom de KLAKR  Salomon

est né le 9 mars 1921 à Magerow (Pologne). Son père Moses et sa mère Golda née BRATSPIS sont commerçants.

Il quitte la Pologne pour se réfugier en Belgique. En 1935 il vient s'installer à Paris (2ème) rue de la Lune et réside à Vichy (03) depuis juin 1940.

Ouvrier fourreur, il est domicilié au N°22, rue Faidherbe à Vichy (03) chez son employeur, M.JONAS. Ce dernier tient  un commerce de fourrures au Palais du Commerce Avenue Paul Doumer.

Document ci-contre: Photo de Simon KLAHR en 1942 transmise par la famille.


Il se fait recenser à Vichy comme  Juif étranger conformément à la loi antisémite du 2  juin 1941 de l'Etat Français.

Source: Archives Départementales de l'Allier 756 W 1.

Le 18 décembre 1941, il est condamné par le Tribunal de Première Instance de Cusset à 1200 francs d'amende pour "défaut de renouvellement de carte d'identité d'étranger". Sa carte était périmée depuis le 10 novembre 1940.

Le 17 janvier 1942 il fait l'objet d'un rapport orienté et injuste de la part de l'inspecteur de la Sûreté antisémite. "KLAKR ne semble avoir aucun sentiment pour notre pays. On peut le comparer à l'étranger juif qui bénéficie de tous les avantages d'un territoire en essayant d'en éviter tous les inconvénients.
Sans avoir eu d'autres condamnations ou fait l'objet de critiques, il ne paraît pas digne d'intérêt; il semble également que sa présence dans l'agglomération de VICHY n'est pas indispensable, ce dernier étant resté plus d'une année sans aucune activité professionnelle".

Le 12 mai 1942 son employeur A.BARTHOMEUF, Pelleteries-Fourrures en gros, Maison Aryenne 15, rue Sainte-Barbe à Vichy,  envoie une lettre au Préfet de l'Allier pour protester contre l'arrestation de Salomon KLAKR.

Source du document ci-dessus: Archives Départementales de l'Allier 996 W Police des Etrangers Travailleurs Etrangers.

Il indique ensuite que Salomon KLAHR "se trouvait dans une situation régulière puisque, ayant déjà été appelé par le Commissariat Central de Montluçon, il lui a été délivré une Fiche d'Identité de Travailleur par le Groupement N° 1 du 91ème Groupe de Travailleurs Etrangers Section J.E., en remplacement de sa Carte d'Identité de Travailleur Industriel Etranger, N° 3-0012 délivrée par le Commissariat de Police de Vichy le 13 février 1942.
D'autre part, il a été établi un Contrat de Travail au mois d'octobre 1941 pour une période d'une année, lequel contrat a été adressé à vos services par l'intermédiaire de la Police de Vichy au mois de novembre 1941.
Il est également à considérer non seulement la difficulté, mais l'impossibilité dans laquelle on est actuellement de trouver des ouvriers de cette branche; je me trouve donc paralysé dans mon commerce du fait du départ de cet ouvrier".

Il est arrêté à Vichy en mai 1942 et transféré au 101ème G.T.E. (Groupe de Travailleurs Etrangers) à Rosiers-d'Egletons où il est immatriculé N° 101.634 avant d'être incorporé au 665ème GTE de Soudeilles (Corrèze).

Il est détaché comme ouvrier tourbier à Péréols-sur-Vézère (Corrèze), puis est muté au 653ème à Egletons.

Il est arrêté dans le cadre de la Rafle de Juifs Etrangers d'août 1942 et interné à Auchères.
 

La Rafle du 26 août 1942
La Rafle de Juifs étrangers le 26 août 1942 dans les 40 départements de la Zone Libre est le pendant de la Rafle du Vel' d'Hiv' des 16 et 17 juillet en Zone Occupée.
Les deux rafles sont le résultat d'un accord signé le 2 juillet 1942 entre le général SS OBERG, commandant la police et le SD allemands, et René BOUSQUET, secrétaire général à la Police du gouvernement LAVAL.
En clair les Juifs étrangers ont été livrés aux nazis par l'Etat Français qui livrera également les Juifs français.


D'Auchères il est transféré le 23 août 1942 à Drancy.

Le 28 août 1942 il est déporté de Drancy à Auschwitz par le convoi N° 25. 

Document ci-dessus: Extrait de la liste du convoi N° 25. Source: Centre de Documentation Juive Contemporaine.
Source du document ci-dessus: Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.9.1 / 11180934.

Dans Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld écrit à propos du convoi N° 25: " Le 28 août à 8 h 55, le transport 901/20 a quitté la gare du Bourget/Drancy à destination d'Auschwitz avec 1000 Juifs. (...) Du point de vue des tranches d'âge, on compte environ 280 enfants de moins de 17 ans. Le reste des déportés se situe surtout entre 40 et 60 ans. On compte sans doute au moins 250 hommes de plus que les femmes dans ce convoi.(...) A l'arrivée de ce convoi à Auschwitz le 31 août, la sélection n'a retenu que 71 femmes laissées en vie et qui reçurent les matricules 18749 à 18819. (...) Les hommes valides ont été sélectionnés avant l'arrivée à Auschwitz. (...)  Parmi les 8 survivants  de ce convoi on ne compte aucune femme."



Il n'ira pas jusqu'à Auschwitz dans l'immédiat, car il descend à Kosel. En raison de son jeune âge, il est sélectionné pour le travail par l"Organisation SCHMELT et est affecté au camp de travaux forcés de Sakrau/Spytkowice.

L’ « Organisation  SCHMELT »  et les ZAL

          En septembre 1940 sont créés en Haute-Silésie les ZAL ZwangsArbeitsLager für Juden, camps de travail forcé de l'Organisation Schmelt. A l'automne 1941 dans 177 camps  17 000 travailleurs exclusivement juifs travaillent pour les entreprises d’armement. 
         En 1942, HIMMLER accorde au Colonel SS SCHMELT l'autorisation de prélever 10 000 juifs dans les trains de déportation provenant de France, de Belgique et des Pays-Bas. À cet effet, ces convois sont arrêtés en gare de  Cosel à partir d'août 1942.     .  
            Le commandant d’Auschwitz Rudolf HOESS proteste contre ce « détournement »   de main-d’œuvre et finit par obtenir la fermeture des ZAL en 1943. Les prisonniers sont alors transférés à Auschwitz.

Source : Géopolitique en Haute-Silésie et origine des « ZAL » Gérard GOBITZ Le Patriote Résistant novembre 2007  

Il est évacué vers Gross Rosen, puis à Buchenwald.

Il est libéré le 8 mai 1945 dans la région de Prague (Tchécoslovaquie) et est rapatrié le 4 juin 1945.

En 1957 il demande une attestation d'appartenance aux F.T.E. (Formations de Travailleurs Etrangers).

La carte de Déporté Politique N° 1.101.25632 lui est attribuée le 13 janvier 1959 sur décision du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Source du document ci-dessus: Archives de Paris 3595 W 128.

Grand invalide, il décède le 24 avril 2012 à l'Hôpital du Val de Grâce à Paris (5ème).


Sources:

- Archives Départementales de l'Allier 756 W 1, 1799 W 2902-52/219, 762 W 49, 996 W Police des Etrangers Travailleurs Etrangers,

- Archives Départementales de Corrèze 147 W 4812

- Archives de la famille

- Archives de Paris 3595 W 128

- Bureau des Archives des Victimes des Conflits Contemporains

- Centre de Documentation Juive Contemporaine

- Estrade Mouny-Szwarckopf Paul Estrade Un camp de Juifs oublié Soudeilles 1941-1942 Editions Les Monédières 1999

- Etat civil de Paris (5ème)

- Gobitz Gérard  
Géopolitique en Haute-Silésie et origine des ZAL  Le Patriote Résistant novembre 2007  

- Klarsfeld Serge Mémorial de la Déportation des Juifs de France 1978 et 2008

- Service International de Recherche d'Arolsen 1.1.9.1 / 11180934


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